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Critique La Bataille de Gaulle – J’écris ton nom : Entre le désert et Paris, l’envie de liberté

HistoireAnalyses

Ce 26 juin, La Bataille de Gaulle – j’écris ton nom, la suite de La Bataille de Gaulle – L’âge de Fer sortait au cinéma. Je pensais que pour un film d’Histoire de cette classe, tout allait être dans un seul film et que la proposition serait dans une seule grande œuvre. Mais je suis fort heureux de constater que La Bataille de Gaulle, c’est en fait 2 films et 2 grandes œuvres qui ont chacun leurs lots de surprise. La décomposition de l’œuvre de Gaulle en 2 éléments dans sa globalité est une bonne idée pour imprégner les gens des éléments fondamentaux et nombreux de la Libération, permettant une analyse plus fine des évènements. Suite à la partie 1, je suis naturellement allé voir la partie 2.

Ce film de 2h37 s’intègre dans une série de 2 films/longs métrages : La Bataille de Gaulle – L’Âge de Fer et La Bataille de Gaulle – J’écris ton nom divisant en 2 les deux périodes clés de la guerre : 1940 à 1942 (Appel du 18 juin, le premier 11 novembre, le ralliement de l’Afrique, la bataille de Bir Hakeim…) et 1943 à 1944 (Création du conseil de la Résistance, Jean Moulin et la Résistance, la Conférence à Casablanca, la création du gouvernement provisoire de la République, le Débarquement en Normandie et la Libération de Paris…).

Il s’agit de 2 films biographiques sur Charles de Gaulle, adaptés du livre de l’historien Julian T. Jackson, De Gaulle : une certaine idée de la France. Le premier film est sorti le 3 juin et le 2ème est le 26 juin 2026 : j’ai eu la chance de pouvoir voir les 2 en salle.

Critique La Bataille de Gaulle film
Critique La Bataille de Gaulle film

Je vous propose une critique et un retour concernant ce deuxième film La Bataille de Gaulle – J’écris ton nom, après ma critique sur le premier film La Bataille de Gaulle – L’Âge de Fer. Ce deuxième volet nous offre une perspective très intéressante de la montée en puissance progressive de de Gaulle et la route vers la Victoire, évidemment parsemée de très nombreuses embuches. Cette épopée est progressive et aboutira alors sur le débarquement et sur la libération de Paris avec la deuxième division blindée du Général Leclerc.

On entre alors dans la résistance mais aussi dans la coordination de la résistance antérieure et des forces armées de la France libre à l’extérieur avec les alliés : la Victoire approche. Nous allons diviser cette critique en plusieurs points afin d’étudier chaque élément du film et en tirer des conclusions.

La fidélité historique

La partie 1 nous a offert un spectacle saisissant entre sa date de sortie initiale en juin (en rapport l’appel du 18 juin) et les événements en France. Dans ce film, on retrouve des événements d’une tout autre importance et cette fois ci ce ne sont pas des événements fondateurs mais des événements de continuité de la France libre, de sa mise en place et de sa légitimation. Ce sont des événements plus organisationnels et plus fondamentaux pour maintenir la France libre.

Petit point historique

Et encore une fois ici les événements n’ont pas été dépeints comme une évidence de la part de la France et des acteurs mais que ça n’a justement pas été facile du tout. Je peux citer par exemple :

  • Le 27 mai 1943, 48 rue du Four à Paris, la mise en scène de la réunion de 17 hauts responsables français pour la création du Conseil National de la Résistance : profondément immersive, nous offre un autre visage sur cet épisode clé pour De Gaulle et Jean Moulin, ayant eu du général cette tâche cruciale d’unir les partis politiques, les mouvements de résistance et les syndicats.
  • Le 3 juin 1944, à Alger, la création du Comité français de la libération nationale (CFLN) est aussi bien représenté : c’est l’unification de la France Libre de De Gaulle et des Forces Françaises du général Giraud. Les réunions montrées sont terre à terre, solennelles et ancrées dans la réalité.
  • Le 21 juin 1943, c’est l’arrestation de Jean Moulin à Caluire-et-Cuire dans la maison du docteur Dugoujon. Des scènes nous montrent toute la descente aux enfers du héros de la Résistance Française, jusqu’aux interrogatoires où, il est bien montré, il ne parlera jamais sous la torture.
  • L’héroïque résistance de la Force L du général Leclerc, qui deviendra 2ème division blindée de la France Libre, contre une division de panzer. Pierre angulaire du film, on y découvre avec stupeur un Leclerc déterminé, un tacticien hors norme et une forte envie de se battre pour la France Libre.
  • Le 19 août 1944, l’insurrection et la Libération de Paris grâce à la 2ème division blindée suite à un désaccord de Leclerc suite aux ordres d’Eisenhower, chef suprême des forces Alliées.
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Ce film montre avec brio comment de Gaulle est passé d’un chef isolé, à un chef de guerre capable de monter une armée pour combattre aux côtés des Alliés (avec Leclerc) et de créer des réseaux de résistance qui portent des coups durs à l’occupant (avec Jean Moulin).

La mise en scène et l’esthétique

Pour la partie de l’esthétique et de la mise en scène, on est forcément sur une prolongation de la partie 1 qui en est déjà des décors très réaliste et très détaillés. Étant des événements qui se sont mondialisés, les décors se font dans des endroits idylliques, car les hôtes sont prestigieux : Roosevelt, Churchill, etc… Comme l’Hôtel Anfa, à Casablanca au Maroc qui a accueilli la Conférence de Casablanca du 14 au 24 janvier 1943, ou le Palais d’été, la résidence du gouverneur général de l’Algérie.

Une fois n’est pas coutume, comme il est bon le rappeler, les personnages sont très bien pensés. J’ai beaucoup aimé le fait que chaque personnage ne soit pas élevé en personnalité clé dès le début mais plutôt comme un personnage, une compétence qui va devenir un élément clé plus tard. Nous voyons alors le personnage dans toutes ses facettes et ses problématiques (quand il n’y a pas d’armes et de munitions, pas d’armées, quand il n’y a pas de renseignements etc…). Il n’y a pas que des bons côtés, mais ici plutôt très bien représenté.

Toutes les scènes sont très belles et les images sont très nettes, les différents plans bien agencés, on y retrouve une mise en scène profondément détaillée et très diversifiée, comme si les images étaient prises à l’époque. Que cela soit des camps dans le désert aux décors parisiens jusqu’à Downing Street, on dirait les vrais lieux. Les détails sont pris au sérieux et le décor l’est tout autant. Un gros travail de reconstitution a été fait sans aucun doute, que cela soit au niveau des costumes, des insignes comme des véhicules et des lieux.

L’impact émotionnel et symbolique

Ce film non plus, comme le premier, n’est pas pour les enfants. A l’époque 1942, la guerre est bien ancrée dans le monde et forcément la guerre est partout dans le film. Que cela soit par la torture de Jean Moulin, les combats de Leclerc ou l’insurrection de la population à Paris, les scènes de combat sont très présentes, ce qui est normal à cette période. Les discussions et dialogues restent très fournis et structurés et seulement les moments clés de la France sont gardés. Seulement les scènes de victoires françaises sont nommées, comme la libération de Paris et les désaccords entre Leclerc, Montgomery et Eisenhower sur les opérations. Un zoom très intéressant a aussi été fait sur le Général Leclerc, porte drapeau de toute la force militaire libre du général de Gaulle.

C’était une France qui était encore fragile et s’est alors consolidée tout le long du film par des mesures qui sont aujourd’hui fondamentales (création du Conseil National de la Résistance, du gouvernement provisoire…). Chaque élément n’était pas zappé, mais décrit en détails. L’accent sur la France et rien que la France apporte une dimension recentrée sur de Gaulle, qui permet d’avoir une simulation de sa vision actuelle des choses et de comment il voyait les évènements de son côté.

A l’image du premier film, il s’agit d’un rappel que de Gaulle a reconstruit la France non pas sous l’égide des puissances du monde et des pays environnants, mais en tout honneur et indépendance, selon ses choix à elle. La présence de la France à la table des vainqueurs et plus largement aujourd’hui comme grande puissance a reposé sur de Gaulle et la France Libre.

Le ressenti personnel

Ce deuxième film sur de Gaulle a été profondément intéressant et surtout un excellent film à regarder. Il m’est arrivé de lâcher une petite larme au moment de la libération de Paris, gage d’émotions présentes. Il est par contre impossible de comparer les 2 films, ne se basant absolument pas sur un environnement, des évènements ou des scènes similaires : cela va de soi. J’émets toutefois une préférence qui est strictement personnelle : la Partie 1 m’a plus marqué dans l’émotion des débuts de la France Libre et le film m’était plus compréhensible historiquement, et je pense, pour les spectateurs.

Mais je n’aime pas comparer 2 chef-d’œuvres, surtout sur un thème aussi important que de Gaulle et la France Libre il faut reconnaître que le travail réalisé sur les deux films est époustouflant et qu’ils sont d’une qualité exemplaire.

Cette fois ci, ce film est orienté vers les épreuves à endurer et à combattre. La Bataille de Gaulle – J’écris ton nom est un rappel que vouloir la paix est une chose, mais fonder une autorité, une légitimité et une armée en simultané en est une autre. Etre entouré et la combinaison du bien peut contrer le mal s’il se bat aussi fort que ce dernier. Ça me fait penser à une citation de Martin Luther King :

Ceux qui aiment la paix doivent apprendre à s’organiser aussi efficacement que ceux qui aiment la guerre.

Un rappel essentiel

C’est un film profondément terre à terre et sans compromis, où les épisodes marquants sont dépeints dans toute leur réalité et non pas dans le fantasme ou l’extravagance. Ce deuxième film est fondamentalement à la croisée entre la mémoire commune et notre époque actuelle, avec la scène finale montrant un Paris de nos jours. Je ne peux que recommander ce chef d’œuvre qui fait du bien à voir en 2026, et c’est en plus une production française. N’oublions pas.

Les 2 films racontent une époque où tout semblait flou et préoccupant. Aujourd’hui il nous est crucial d’en faire devenir des boussoles. Ils ne doivent pas rester simplement des films, ils doivent devenir des témoignages et des rappels que la France n’a tenu qu’avec la volonté farouche de liberté de certains hommes et femmes. Certains ont donné leur vie, certains portent leur souvenir. Alors moi aussi, j’écris ton nom, par le pouvoir d’un mot, je recommence ma vie, je suis né pour te connaître, pour te nommer : Liberté1.

Notes infrapaginales

  1. Paul Eluard, Liberté, 1942. ↩︎

Sources


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