Délaissons le « nous » pour entamer un « je » dans cet article. En tant que fan d’histoire, j’ai toujours eu un attrait pour les films traitant de la guerre sur l’époque. Mais là, quand j’ai entendu qu’un film sur le Général De Gaulle allait sortir, j’ai été très enthousiaste. Je ne crois pas avoir vu dans la filmographie récente des films traitant d’un sujet français tel que de Gaulle, alors me voilà vous raconter mon expérience filmographique.
Après de nombreux films comme Narvik (2022, Erik Skjoldbjærg), Dunkerque (2017, Christopher Nolan), Stalingrad (2001, Jean-Jacques Annaud), L’étau de Munich (2022, Christian Schwochow), Pearl Harbor (2001, Michael Bay), Les Heures Sombres (2018, Joe Wright) ou bien Nuremberg (2026, James Vanderbilt), Antonin Aubry nous propose aujourd’hui une adaptation au cinéma dans La Bataille de Gaulle – L’Âge de Fer de la vie de De Gaulle au service de la France.
Ce film de 2h38 s’intègre dans une série de 2 films/longs métrages : La Bataille de Gaulle – L’Âge de Fer et La Bataille de Gaulle – J’écris ton nom divisant en 2 les deux périodes clés de la guerre : 1940 à 1942 (Appel du 18 juin, le premier 11 novembre, le ralliement de l’Afrique, Bir Hakeim…) et 1943 à 1944 (je suppose, Stalingrad, Opération Torch, Koufra, Débarquement, Libération, Capitulation).
Il s’agit de 2 films biographiques sur Charles de Gaulle, adaptés du livre de l’historien Julian T. Jackson, De Gaulle : une certaine idée de la France. Le premier film est sorti le 3 juin et le 2ème sortira le 26 juin 2026.


Je vous propose une critique et un retour concernant ce premier film La Bataille de Gaulle – L’Âge de Fer. Au-delà de l’idée qu’il s’agit simplement d’un film à regarder, c’est surtout une redécouverte de toutes les facettes diverses du Général dans les premières heures et les premiers jours de sa grande destinée. Nous allons diviser cette critique en plusieurs points afin d’étudier chaque élément du film et en tirer des conclusions.
La fidélité historique
Au niveau de la fidélité historique, c’est extrêmement réussi a mon goût. La justesse de l’histoire nous amène aussi à dire que le film est sorti seulement 3 jours après le fameux Appel du 18 juin il y a 86 ans du général. L’environnement et les dates actuelles coïncident bien avec l’époque et nous permet alors de célébrer cet appel et les évènements dans des commémorations actuelles ainsi que désormais au cinéma avec ce film.
Le film se positionne bien, surtout après le débarquement du 6 juin et la fin de guerre provoquée qui surviendra le 22 juin 1940 à Compiègne par la capitulation française, nous pouvons-nous mettre dans la peau de l’époque et retracer alors tout le destin français jour après jour aisément.
Je n’ai aucun doute que des recherches approfondies de la part des réalisateurs ont été réalisé. La justesse des événements ne me choque pas. Tout semble être à sa place et simple à comprendre pour des personnes qui ne sont pas forcément initiées au contexte et aux enjeux. Le film est accessible pour des débutants comme des passionnés.
On y retrouve alors des explications de contexte :
- Début de guerre, la bataille de Montcornet du 16 mai 1940 est bien située par des images d’archive du lancement de la guerre : Blitzkrieg, assauts sur la Pologne, Hitler au pouvoir etc ;
- La remise en contexte du départ de De Gaulle vers Londres avec Courcel ;
- Les scènes de l’appel du 18 juin 1940 et du 11 novembre 1940 sont clairement identifiées et identifiables ;
- La bataille de Bir Hakeim est expliquée en détail et les jours sont décortiqués avec précision
- L’Assassinat de Darlan
- Les fondements de la France Libre : l’ajout de la Croix de Lorraine par l’amiral Muselier, les locaux au 4, Carlton Gardens à Londres, Brazzaville comme premier quartier général etc…
Tout forme un ensemble cohérent et les événements plus importants sont mis en avant tout comme les événements de vie quotidienne (repas avec Churchill, réunions, retrouvailles entre De Gaulle, ses filles et sa femme…). On a vraiment l’impression que nous avons un aperçu détaillé des hauts et des bas du général dans les heures les plus décisives de la France. Nous ressentons dès lors le stress des événements, de façon très immersif.
La mise en scène et l’esthétique
Sur la mise en scène et l’esthétique global, parlons surtout des personnages. L’histoire nous plonge durant tout le film entre deux visions d’une même situation : la vision de de Gaulle et de ces décisions, les prises de parole et les événements, ainsi que la vision de Fernand Bonnier de La Chapelle, jeune français à Paris qui vit les évènements de façon très compliqué et agit dès le début contre l’occupant nazi.
Les deux histoires sont parallèles mais parle d’une même situation créant un fil conducteur intéressant. Leurs destins finiront plus tard par se croiser quand Fernand assassine Darlan avec son pistolet, permettant alors à de Gaulle de reprendre sa place en tant que chef des Forces Françaises Libres. Il s’agit d’une histoire bouleversante de ce jeune Fernand, mais qui n’est qu’un reflet de la réalité de certains hommes et femmes qui se sont battus dès le début et ont réalisé les premiers actes de résistance.
Cette histoire parallèle apporte de l’action et un autre point de vue, plus réaliste, de ce qu’il se passe en France à l’heure de l’Occupation.

Au-delà de Fernand et de Gaulle, on y retrouve tous les personnages clés de la France libre : Jean Moulin, le Maréchal Leclerc, le Maréchal Koenig, Darlan, Churchill, Eisenhower, Spears, Amiral Muselier etc… Chaque personnage a son identité propre et son style très travaillé, les mimiques sont bien reproduites.
J’ai beaucoup aimé le fait que chaque personnage ne soit pas élevé en personnalité clé dès le début mais plutôt comme un personnage, une compétence qui va devenir un élément clé plus tard. Nous voyons alors le personnage dans toutes ses facettes et ses problématiques (quand il n’y a pas d’armes et de munitions, pas d’armées, quand il n’y a pas de renseignements etc…). Il n’y a pas que des bons côtés, mais ici plutôt très bien représenté.

Toutes les scènes sont très belles et les images sont très nettes, on y retrouve une mise en scène profondément détaillée et très diversifiée, comme si les images étaient prises à l’époque. Les détails sont pris au sérieux et le décor l’est tout autant. Un gros travail de reconstitution a été fait sans aucun doute, que cela soit au niveau des costumes, des insignes comme des véhicules et des lieux.
Réhabiliter des Somua S35 français et les faire rouler, c’est quelque chose !
L’impact émotionnel et symbolique
Le film n’est pas pour les enfants. C’est un film biographique racontant la chute de la France et le début de la collaboration principalement, avec l’arrivée de De Gaulle. Des scènes de destruction et de tueries sont représentées par moment. Ce n’est pas un film pour faire rire et les sensations fortes sont plutôt modérées, malgré des scènes de combat (Bir Hakeim, Montcornet, etc…) et des moments de discussion assez tendues entre De Gaulle et Churchill. L’ambiance reste très bureaucratique et d’époque.
C’est un film plutôt sur la réflexion d’une France tourmentée où de Gaulle a dû convaincre et déplacer des montagnes pour redresser la France alors que personne n’y croyait. À plusieurs moments du film, tout semblait perdu, comme si le destin allait finalement basculer défavorablement et il est important de le noter.
Mais les pires moments sont souvent aussi accompagnés de belles choses et de beaux moments de vie qui permettent de donner la force de continuer. Il ne faut jamais perdre espoir dans ce qu’on croit juste et de Gaulle n’a jamais cessé de le montrer tout au long du film. Il s’agit d’une des leçons, je pense, les plus importantes du film. La création de la France Libre n’a été certainement pas un long fleuve tranquille, mais plutôt un fleuve très agité qu’il a fallu dompter, à l’image du proverbe :
Plus grand est l’obstacle, et plus grande est la gloire de le surmonter
Molière
Ce premier film est surtout un rappel de ne jamais abandonner. C’est un rappel que notre liberté tient à peu de choses. A vrai dire, cette liberté a tenu à la volonté d’un homme, De Gaulle, et d’une poignée de vaillants face à un ennemi à l’intérieur et à l’extérieur de la France. Il a fallu tout reconstruire de 0 pour les français libres, devant alors lutter contre le Régime de Vichy et les nazis.

Le ressenti personnel
Je pense que ce film doit être vu par tous. Il s’agit d’un grand film français qu’il faut mettre en avant. De part sa mise en scène, les personnages, l’impact historique, les événements et le scénario, tout nous amène à nous rappeler les difficultés de nos ancêtres à surmonter un ennemi nazi rusé, égocentrique et sans pitié.
Orienté vers les épreuves à surmonter, La Bataille de Gaulle – L’Âge de Fer n’est pas un film à sensation, c’est un film profondément terre à terre et sans compromis, où les épisodes marquants sont dépeints dans toute leur réalité et non pas dans le fantasme ou l’extravagance. Ce film est fondamentalement à la croisée entre la mémoire et notre époque actuelle. Je ne peux que recommander ce chef d’œuvre qui fait du bien à voir en 2026, en plus d’être une production française. N’oublions pas.
Soyons fermes, purs et fidèles ; au bout de nos peines, il y a la plus grande gloire du monde, celle des hommes qui n’ont pas cédé.
Charles de Gaulle
Sources
- « La Bataille de Gaulle ». Wikipedia, https://fr.wikipedia.org/.
- La Bataille de Gaulle – Partie 1 : L’âge de fer (2026) – Film et séances – Cinémas Pathé. https://www.pathe.fr/.
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